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Parutions récentes

Journaux de bord Christian Borde et Éric Roulet (dir.), Les Journaux de bord, XIVe-XXIe siècle, Aix-la-Chapelle, Shaker Verlag, 2015.

La collection « Les sources de l’histoire maritime » se consacre à l’étude et à l’analyse d’un type de source spécifique à l’entreprise maritime. Elle présente les fonds documentaires, l’originalité des sources et leur apport pour les historiens. Elle propose des textes et documents inédits tirés des archives. La collection s’adresse aux étudiants d’histoire, de SHS et de droit, et aux jeunes chercheurs.

Le journal de bord est un document historique de première main, au sens littéral du terme. Le but de cet ouvrage est d’en montrer la nature et la diversité en publiant des textes issus des archives et des ouvrages imprimés. Il présente un premier choix de textes significatifs réalisé par des enseignants-chercheurs, des conservateurs de musée et de jeunes chercheurs.

Sommaire :

  • Christiane Villain-Gandossi, « Note sur les registres de bord au Moyen Âge »
  • Éric Roulet, « Les malentendus d’un texte célébrissime : le journal de bord du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique »
  • Éric Roulet et Patrick Villiers, « La législation française des journaux de bord au XVIIe et au XVIIIe siècle d’après les ordonnances de marine »
  • Annie Madet-Vache, « Le “Journal général historique politique et nautique de la campagne de Mr le comte d’Estaing”, conservé au Musée national de la Marine » 
  • Patrick Villiers, « Les journaux de bord des vaisseaux du Roi. L’exemple des frégates Sensible et Friponne pendant la guerre d’Amérique »
  • Joël Gatrat, « La dernière croisière du corsaire la Fantaisie de Dunkerque (1799) »
  • Florence Le Corre, « Journaux et récits de bord : la collection du Musée national de la Marine »
  • Christian Borde, « Un capitaine caboteur face à l’écriture à bord du lougre Pitre Armel de Nantes, 1861-1863 »
  • Justin Le Carpentier, « Les limites d’une source et l’apport des dossiers de marées. Le chalutier cherbourgeois l’Annie en 1951 »
  • Henri Moulinier, « Témoignage sur le dernier chalutier rochelais de type pêche-arrière, le Peoria (1985-1993) »
  • Isabelle Knab-Delumeau, « Les journaux de bord contemporains dans la marine nationale »
  • Éric Roulet et Christian Borde, « De l’art de tenir un journal de bord »

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Rochefort Sébastien Martin, Rochefort, arsenal des colonies au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes au XVIIIe siècle, 2015. 

Arsenal modèle de Louis XIV, Rochefort fut au XVIIIe siècle une base navale qui reçut la mission originale d’assurer pour la France le ravitaillement de ses possessions coloniales dans le monde atlantique (Nouvelle-France, Caraïbe, Guyane et comptoirs africains). Avec la fin du monopole de la Compagnie des Indes, l’aire de cette logistique d’État s’étendit même un temps aux Mascareignes. Véritable « porte des colonies », Rochefort fut le lieu de concrétisation de la politique coloniale de la France au siècle des Lumières. Pour se faire, la Marine mobilisa navires, infrastructures portuaires et réseaux d’approvisionnement, selon un processus d’une modernité confondante.

Avec cet éclairage sur son « Service des colonies », Rochefort est désormais l’un des arsenaux français les mieux connus. Dans le domaine de l’économie, l’étude donne un aperçu supplémentaire des retombées économiques – directes ou indirectes – que les activités des villes-arsenaux produisirent dans la France préindustrielle. «Ville nouvelle» depuis la création de l’arsenal, Rochefort fut aussi une ville ouverte, plus habituée que les autres arsenaux aux ambiances exotiques grâce à ses relations privilégiées avec les colonies. La réalité des intérieurs rochefortais et l’existence de « familles atlantique » témoignent ainsi de la porosité qui exista entre l’arsenal et son environnement urbain.

À partir d’un corpus documentaire peu ou pas exploité, cet ouvrage livre au lecteur une nouvelle facette de la ville-arsenal, autant qu’il éclaire l’aspect formateur des activités d’une marine de guerre dans l’administration moderne de l’État.  

On peut consulter le sommaire sur le site de l’éditeur.

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CRH-KCG Francis Brumont et Jean-Philippe Priotti, « Identités marchandes. Merciers et hommes d’affaires dans le commerce entre les Pays-Bas et l’Espagne (1533-1556) »Bulletin de la Commission royale d’histoire de Belgique, n° 180, 2014, p. 139-360.

Outre la publication d’une correspondance inédite entre des merciers navarrais fréquentant les foires de Castille et de grands marchands internationaux résidant aux Pays-Bas, les auteurs étudient dans l’introduction à ces lettres de nombreux aspects des liens personnels et commerciaux qui unissent cette province et le royaume de Castille. Ils s’intéressent en premier lieu aux hommes d’affaires établis à Anvers (émigrés béarnais, castillans et basques), à leurs interrelations, aux liens maintenus avec leur patrie d’origine ainsi qu’à leur stratégie d’ascension sociale en terre d’accueil. Les petits merciers, sans envergure comparable, recourent à leur protection, à leur financement et à leur médiation pour amplifier le champ de leur activité, et imbriquent de cette façon grand négoce et commerce de détail. Déconvenues et conflits s’ensuivent. Sont également abordés les aspects proprement économiques de ces échanges: marchandises, trajets, système des foires, crédit et changes, les missives publiées permettant une analyse fine de la conjoncture et des répercussions des décisions politiques sur la vie commerciale et même sur la vie privée des acteurs, tout comme sur leur univers mental, dont la correspondance donne un aperçu très vivant. 

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Identités et territoires Jean-Philippe Priotti (éd.), Identités et territoires dans les mondes hispaniques, XVIe-XXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

L’ouvrage montre la variété des relations qu’entretinrent l’Espagne et ses colonies du XVIe au XXe siècle. Loin des images et des récits que véhicule la légende noire à l’égard de l’Espagne et des Espagnols, les analyses produites invitent à considérer ensemble conflits et coopérations et valorisent la variété et la richesse des dynamiques relationnelles.

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roulet-amerique.jpg Bernard Grunberg et Julian Montemayor (dir.), avec la collaboration d’Éric Echivard, Josiane Grunberg et Éric Roulet, L’Amérique espagnole (1492-1700). Textes et documents, Paris, L’Harmattan, 2014.

L’histoire de l’Amérique espagnole de 1492 à 1700 comporte trois grandes périodes : celle des découvertes de 1492 à 1516, celle de la conquista de 1516 à 1568/73 et celle de la colonisation. Le présent ouvrage propose un certain nombre de textes et de documents très variés pour permettre à tout un chacun de mieux comprendre l’histoire de l’Amérique espagnole. On y trouvera les documents fondateurs, souvent cités en référence mais plus rarement mis à la portée des lecteurs français. 

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borde-livre-cidm-copie.jpg Christian Borde et Xavier Morillion, La Grande usine à tulle. Histoire de l’usine Boulart, site de la Cité Internationale de la Dentelle et de la Mode à Calais, Calais, 2014.

Depuis juin 2009, grâce à l’action conjuguée de la Ville de Calais et de l’Association TRAME-Dentelle, la Cité Internationale de la Dentelle et de la Mode est devenue un pôle de développement du savoir-faire dentellier à Calais, en France et en Europe. Elle est installée dans les murs de l’usine Boulart, ancienne fabrique de tulle et dentelles.

L’ouvrage retrace l’histoire de ce site industriel patrimonialisé, de son implantation et de son évolution entre 1809 et 1999 en précisant le contexte historique : les conjonctures économiques et financières très fluctuantes pour une production soumise aux caprices de la mode et aux incertitudes des exportations sur le marché mondial, et, sur le plan local, la difficile gestion du réseau hydrographique d’une zone de polder encore mal drainée par la « rivièrette » de l’Abyme.

Dans cette histoire très mouvementée, le facteur humain à une place essentielle : « l’entreprise c’est l’entrepreneur », rappelle Bruno Béthouart dans sa préface. Construite sur les ruines d’une tannerie très polluante par un industriel qui fait faillite à la suite d’emprunts aventureux, elle est reprise par la famille Boulart en 1878 qui loue des « occupations » à des fabricants de dentelles très nombreux, que l’ouvrage invite à découvrir jusqu’à l’orée de la phase de patrimonialisation dans les années 1980.

Christian Borde, maître de conférences en histoire contemporaine à l’ULCO, spécialiste d’histoire maritime et histoire des entreprises, a travaillé en collaboration avec Xavier Morillion, notaire honoraire, pour cette restitution historique et patrimoniale d’un échantillon de firmes très révélatrices de l’entrepreneuriat calaisien. Le livre est coédité par l’Université du Littoral-Côte d’Opale, l’association TRAME-Dentelle et la Cité Internationale de la Dentelle et de la Mode.   

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Boniface-HistRel Xavier Boniface, Histoire religieuse de la Grande Guerre, Paris, Fayard, 2014.

Les religions se sont largement impliquées dans la Grande Guerre. Leurs responsables, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, ont accompagné toutes les dimensions du conflit : de la légitimation de la guerre au soutien à la mobilisation des peuples belligérants, en passant par la charité à l’égard des victimes, voire des appels à la paix. Or, jusqu’à présent, aucun historien n’avait traité ce thème à l’échelle du monde en guerre, un défi que Xavier Boniface a relevé.

Dans les deux camps en présence, l’auteur observe les évolutions spirituelles des combattants et des civils, ainsi que les attitudes des hiérarchies confessionnelles. Il montre les initiatives religieuses, comme celles du Vatican, en faveur de la paix et du respect des populations. Mais il pointe aussi le rôle parfois ambigu des hommes de foi, prompts à justifier la guerre et ses horreurs. En privilégiant le fait religieux, à travers ses composantes géopolitique, sociale, politique, culturelle et théologique, il décale notre regard sur la Grande Guerre. 

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La Fayette

Patrick Villiers, La Fayette. Rêver la gloire, Saint-Rémy-en-l’Eau, Monelle Hayot, 2013. 

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Poliorcétique Joëlle Napoli, Évolution de la poliorcétique romaine sous la République jusqu’au milieu du IIe siècle avant J.-C., Bruxelles, Latomus, 2013.

Lorsque les Romains entreprennent la conquête du Latium puis de  l’Italie, ils sont loin de disposer du savoir-faire et des moyens dont pouvaient se prévaloir les Grecs dans le domaine de la poliorcétique. Comment ont-ils  alors procédé pour s’emparer de si nombreuses villes qui étaient pour la plupart déjà puissamment fortifiées ? Telle est la problématique de cet ouvrage qui se propose de suivre les progrès de l’armée romaine dans l’art de la prise de ville. Après  l’attaque de « vive force » qui est de règle aux Ve-IVe siècles, les Romains s’initient à la mécanique de siège peu de temps avant la première guerre punique et sont contraints d’appliquer des techniques fraîchement acquises sur des fortifications très sophistiquées. La deuxième guerre punique leur offre l’occasion de développer leurs capacités et de rivaliser avec la poliorcétique carthaginoise, comme en témoigne la détermination avec laquelle ils reprennent les villes d’Italie qui les avaient trahis et la ville de Carthagène, l’arsenal carthaginois en Espagne. Mais d’une certaine manière ils ont échoué face au génie créatif d’Archimède puisque seule la ruse est venue à bout de Syracuse. Il fallait évidemment poursuivre cette enquête jusqu’au IIe siècle, c’est-à-dire jusqu’aux guerres qui allaient amener les Romains à se battre contre des Grecs, en particulier contre des Macédoniens parfaitement entraînés. Et tirer les leçons de leur nouvelle expérience.

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Arthur Alban Gautier, Arthur, Paris, Ellipses poche, 2013.

Deuxième édition corrigée, au format de poche (1e édition 2007). Biographie littéraire autant qu’historique, ce livre explore la vie et la légende du roi Arthur.

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Asser Asser : Histoire du roi Alfred, texte présenté et traduit par Alban Gautier, d’après l’édition de William Henry Stevenson (1904), Paris, Les Belles Lettres, 2013 (« Les Classiques de l’Histoire au Moyen Âge », vol. 52).

Alfred le Grand, roi anglo-saxon de la fin du IXe siècle, est aussi célèbre (et méconnu) outre-Manche que peut l’être en France un Clovis. Souverain et chef de guerre confronté aux invasions vikings, mais aussi auteur et traducteur marqué par le legs de la renaissance carolingienne, Alfred est un des personnages du haut Moyen Âge sur lesquels nous sommes le mieux renseignés. Devenu au cours des siècles une figure paternelle et tutélaire de l’Angleterre, il a été appelé père de la nation, des libertés et de la prose anglaises, et même de la Royal Navy. Or la plupart des récits, authentiques ou légendaires, qui circulent à son sujet, ont leur origine dans la biographie attribuée à un de ses conseillers, l’évêque gallois Asser. Connue par un unique manuscrit des environs de l’an mil détruit par un incendie en 1731, l’œuvre a fait l’objet de cinq éditions depuis le XVIe siècle. Peu diffusée au Moyen Âge, altérée et interpolée à plusieurs reprises à la Renaissance, l’Histoire du roi Alfred a aussi été au centre de nombreuses controverses portant sur son authenticité même. L’édition la plus récente, celle de W.H. Stevenson, date de 1904 et n’a pas été dépassée. Le présent volume propose donc, en regard de son texte, la première traduction française de cette œuvre importante pour la compréhension du IXe siècle anglo-saxon, mais aussi de l’identité anglaise au-delà du Moyen Âge et jusqu’à aujourd’hui.

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La Fayette Patrick Villiers, La Fayette. Rêver la gloire, Saint-Rémy-en-l’Eau, Monelle Hayot, 2013.

Cet ouvrage fait revivre l’homme qui a participé au destin de deux pays, dans des palais et sur des champs de bataille, par des discours officiels et des intrigues de salon, tenaillé toujours par ce que son ami Jefferson qualifiait de « faim canine pour la gloire ». Une grande fresque historique qui offre documents et images inédits.

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Jean Bart Patrick Villiers, Jean Bart, Corsaire du Roi Soleil, Paris, Fayard, 2013.

Un livre très riche sur le célèbre corsaire français, qui s’appuie sur une vingtaine d’années de travail en archives, mais que l’auteur a voulu facile à lire afin que le plus grand nombre puisse découvrir ce personnage d’exception. Né en 1650 et mort en 1702, Jean Bart est Dunkerquois. Entré dans la marine royale comme simple lieutenant de frégate, il fut le premier des capitaines corsaires de la guerre de Hollande. La chasse aux barbaresques, mais surtout son évasion spectaculaire des prisons anglaises et le soutien indéfectible de Vauban attirent l’attention du roi Louis XIV. Si l’espoir d’une prise stimule Jean Bart et ses compagnons, le patriotisme flamand les anime tout autant ; ils bravent avec panache les tempêtes de la Manche et de la mer du Nord comme les dangers de l’abordage. A la tête des vaisseaux de l’escadre du roi, Bart accomplit des campagnes corsaires. Pourtant, c’est en protégeant les convois de blé, sauvant ainsi le royaume de la famine, qu’il devient un véritable héros. Sa victoire du Texel en 1694 lui vaut l’anoblissement et la reconnaissance personnelle de Louis XIV. Trois ans plus tard, il est nommé chef d’escadre pour avoir préservé Dunkerque des bombardements anglais.

Jean Bart, qui sut mener sa carrière aussi bien que sa fortune, est le vivant symbole de l’intégration réussie de Dunkerque dans le royaume de France. A travers cette biographie richement documentée, Patrick Villiers Nous plonge dans l’histoire tumultueuse de la marine française en plein essor sous le Roi-Soleil.

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BonifaceAER Xavier Boniface, L’Armée, l’Église et la République (1879-1914), Paris, Nouveau Monde Éditions/DMPA, 2012.

L’armée française a longtemps entretenu des relations particulières avec l’Église catholique et la République. À partir des années 1880, les républicains se lancent dans une politique de laïcisation des institutions publiques, y compris militaires, qui se caractérisera par la modération des réformes des opportunistes (de 1879 à 1898), puis par la profonde méfiance des radicaux à l’égard des militaires (de 1899 à 1914), surtout après l’affaire Dreyfus vue comme le révélateur d’une mythique « alliance du sabre et du goupillon ». Dans cet ouvrage riche et éclairant, Xavier Boniface se penche sur les relations triangulaires de l’armée, de l’Église et de la République aux prises avec les mutations, tensions et crises politiques de cette période charnière précédant la Grande Guerre. À travers de grands dossiers – de l’adaptation de l’aumônerie militaire à l’affaire des fiches, en passant par le service militaire imposé aux séminaristes ou le maintien de l’ordre par l’armée lors de l’application des lois laïques –, l’auteur dépeint les difficultés des militaires à accepter le nouveau régime et son système de valeurs jusqu’à l’Union sacrée de 1914.

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Chrétiens Bruno Béthouart et Xavier Boniface (éd.), Les chrétiens, la guerre et la paix. De la « Paix de Dieu » à l’esprit d’Assise, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012. Faisant de la paix une vertu évangélique, le christianisme a cependant entretenu au cours de son histoire des rapports ambivalents avec la guerre. Aujourd’hui, les Églises prônent la nécessité du dialogue interreligieux, ce que traduit l’esprit de la rencontre d’Assise (1986). Cet ouvrage explore dans une perspective historique, sur la longue durée, ces liens complexes et évolutifs que le christianisme a noués avec la guerre et avec la paix.

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Amiens  Jean-Luc Bouilleret (dir.), direction scientifique et coordination Aurélien André et Xavier Boniface, Amiens. La grâce d’une cathédrale, Strasbourg, La Nuée Bleue, 2012.

Ce livre consacré à Notre-Dame d’Amiens, la plus vaste cathédrale de France, est composé de trois parties, comme tous les ouvrages de la collection :

 

  • Il retrace les étapes et l’organisation de la construction, des origines paléochrétiennes aux travaux contemporains en passant par le gros-œuvre médiéval, les aménagements de l’époque moderne et les travaux de Viollet-le-Duc au XIXe siècle ;
  • Il décrit les merveilles de la cathédrale : son architecture qui défie les lois de la pesanteur et exalte la lumière, sa flèche du XVIe siècle, ses fameuses sculptures gothiques, ses stalles aux quatre mille personnages sculptés.
  • Il raconte la vie civile et religieuse de la cathédrale, des premiers pèlerins au XIIIe siècle venant vénérer la sainte relique de Jean le Baptiste aux millions de visiteurs aujourd’hui admirant ses infinies beautés et l’étonnant spectacle de mise en couleur de sa façade.

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27574100364020l.gif  Marc Coppin, La Côte d’Opale en guerre d’Algérie, 1954-1962, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012. On trouvera une description de l’ouvrage sur le site de l’éditeur. Entre 1954 et 1962, la Côte d’Opale envoie des milliers de ses enfants « maintenir l’ordre » en Algérie, une terre largement inconnue de la partie la plus septentrionale de la métropole. Parmi ces jeunes, 378 ne reviennent pas. Comment les habitants du littoral ont-ils vécu et ressenti au quotidien cette guerre ? Partis politiques et syndicats, principalement de gauche, chrétiens et enseignants s’investissent contre la poursuite du conflit. Mais des engagements marginaux existent aussi en faveur de l’OAS et du FLN. Le littoral accueille favorablement le retour au pouvoir du général de Gaulle, tant la IVème République est discréditée. Dans les moments de crises graves, en mai 1958, en janvier 1960 ou en avril 1961, le soutien à l’action du général de Gaulle est très affirmé. Pour faire face à la douleur des familles endeuillées ou séparées, les instances officielles se manifestent pour tenter d’apaiser ou pour maintenir un lien avec le jeune soldat appelé en Algérie. Les organisations caritatives, les comités locaux leur viennent en aide. Les liens économiques entre les ports de la Côte d’Opale et la principale colonie du pays sont également affectés par le conflit, mais ils perdurent, au-delà de 1962. L’installation de quelques rapatriés et harkis sur le littoral permet le souvenir de ce conflit et de son issue. Près de 50 ans plus tard, la prise de parole sur la guerre demeure difficile.

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Mélanges Villiers Christian Borde et Christian Pfister (éds.), Histoire navale. Histoire maritime. Mélanges offerts à Patrick Villiers, Paris, SPM Éditions (diffusion L’Harmattan), 2012.  L’histoire maritime française reconnaît à travers ce volume sa dette envers Patrick Villiers, qui a apporté maintes contributions et éclairages sur cet immense champ historique. À l’occasion de son départ à la retraite, l’ULCO a réuni dans ce livre les contributions de ses collègues et amis, traitant de l’histoire navale et maritime de l’Antiquité romaine à la période contemporaine. La mer du Nord et la Manche, mais aussi l’Atlantique et les Caraïbes, sont les secteurs privilégiés d’une quête qui associe deux orientations principales : l’histoire navale – celle de la guerre sur mer – et l’histoire maritime entendue comme celle de l’économie et des politiques maritimes, en particulier de la monarchie française. Transgressant dans ses deux doctorats la frontière entre marine de guerre et de commerce, Patrick Villiers a ensuite mené des travaux au long cours sur l’archéologie du vaisseau de guerre à l’âge classique, la bataille navale, les dynamiques portuaires, le commerce colonial et la traite des esclaves, les convois atlantiques, ainsi que la guerre de course dans toutes ses dimensions. Natif de l’Orléanais, Patrick Villiers a également consacré des travaux fondamentaux à la marine de Loire, démontrant que l’histoire maritime n’est pas seulement celle des ports, mers et océans, mais également celle des rapports complexes que les flux maritimes entretiennent avec leur arrière-pays.  L’ouvrage est disponible au prix de 21 € sur le site de l’éditeur.

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Mélanges Lebecq Alban Gautier et Céline Martin (éds.), Échanges, communications et réseaux dans le haut Moyen Âge. Études et textes offerts à Stéphane Lebecq, Turnhout, Brepols, 2011.  Stéphane Lebecq, professeur d’histoire médiévale à l’Université Lille 3, a pris sa retraite en juin 2009. Pour lui rendre hommage, ses amis et collègues ont voulu faire écho à ses travaux sur le haut Moyen Âge en s’inspirant de ses domaines de recherche. Si la majorité des seize contributions de ce volume se situe dans l’Europe du Nord-Ouest, aire géographique d’élection de son travail scientifique, plusieurs étendent ses questionnements à des parties méridionales de l’Occident, voire à l’Orient byzantin. On peut répartir l’ensemble en deux grands volets qui rejoignent les thèmes de prédilection de Stéphane Lebecq. Le premier est la mer, envisagée comme un milieu de vie ou comme le cadre d’échanges à travers la navigation, singulièrement la navigation commerciale. Le second s’attache aux personnes qui animent ces échanges et entretiennent ainsi des réseaux fondant leur pouvoir : puissants de tous ordres, ambassadeurs, missionnaires. Le volume est paru chez Brepols, dans la collection « Haut Moyen Âge » dirigée par Régine Le Jan. On trouvera des renseignements plus précis, ainsi que la table des matières du volume, sur le site de l’éditeur.

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img_luminaire-et-cultes-isiaques.jpg  Jean-Louis Podvin, Luminaire et cultes isiaques, préface de L. Bricault, Monographies Instrumentum 38, Montagnac, 2011, 370 pages.  Après une mise au point historiographique sur le luminaire isiaque, l’étude aborde le vocabulaire utilisé par les Grecs et les Romains mais aussi celui adopté aujourd’hui par les archéologues. Les différents types iconographiques sont présentés, qui privilégient Sarapis, devant Isis, Harpocrate et Anubis. En revanche, des séries entières de représentations, considérées à tort comme isiaques, sont écartées.

Les régions productrices de lampes à décor isiaque sont mises en évidence grâce aux marques d’ateliers, aux découvertes dans des ateliers, et au nombre d’exemplaires retrouvés en certains lieux. Des courants d’échanges sont ainsi établis entre des régions inventives et d’autres qui se contentent de copier ou d’acheter des modèles produits ailleurs.

L’étude de l’utilisation du luminaire isiaque montre que nombre de ces objets ont été utilisés dans la vie quotidienne et les laraires, mais aussi dans un contexte public (sanctuaire, processions, fêtes, initiation isiaque. Le faible nombre de découvertes en contexte cultuel est relativisé par les inventaires de temples, les inscriptions et les sources littéraires ; dans les sanctuaires isiaques, des lampes portant un autre décor étaient aussi utilisées. A l’époque gréco-romaine, à l’instar du vêtement de lin et du sistre, le luminaire constitue une « marque » spécifique des isiaques.

L’ouvrage comporte en annexe le catalogue de l’ensemble des lampes à décor isiaque actuellement connues hors d’Egypte (un millier) et constitue le plus vaste corpus de lampes de ce type réuni à ce jour. 60 % d’entre elles sont photographiées et forment une très utile banque d’images. Le catalogue des marques de lampes à décor isiaque devrait lui aussi fournir une aide précieuse à quiconque voudra identifier de futures découvertes, sur le terrain ou dans des collections de musées.

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Commerce atlantique Jean-Philippe Priotti et Guy Saupin (éd.), Le commerce atlantique franco-espagnol. Acteurs, négoces et ports (XVe-XVIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.

Les études réunies ici améliorent considérablement notre connaissance des circuits économiques reliant les villes portuaires et les places commerciales françaises et espagnoles, en privilégiant l’analyse des démarches des acteurs sociaux dans la création des réseaux d’affaires. Elle soulignent l’importance de trois faits historiques majeurs : l’importance de la fourniture en métaux précieux avec un différentiel de valeur agissant comme un soutien durable du commerce, la multipolarisation croissante de ces échanges et l’interdépendance entre les performances économiques et les conflits politiques et militaires.

À paraître

Jean-Philippe Priotti et Francis Brumont, Identités marchandes. Merciers et hommes d’affaires dans le commerce entre les Pays-Bas et l’Espagne (1533-1556), Bruxelles, Commission royale de Belgique.