Une province fertile en tyrans : appel à communications

« Une province fertile en tyrans ». Figures d’empereurs et d’usurpateurs romains dans l’île de Bretagne depuis le IIe siècle

Depuis la fin du IIe siècle de l’ère chrétienne, plusieurs usurpations (plus ou moins durables et plus ou moins réussies) avaient eu leur origine au sein des légions cantonnées dans l’île : on relève ainsi les noms de Clodius Albinus (193-197), Carausius (286-293) et son meurtrier et successeur Allectus (293-296), Magnus Maximus (383-388), et enfin en rapide succession, Marcus (406-407), Gratien (407) et Constantin III (407-411). Dans un registre tout à fait différent – mais avec une réception étonnamment semblable dans les siècles ultérieurs – on notera que Constantin le Grand (306-337), le fils de Constance Chlore proclamé empereur à York en 306, a lui aussi commencé sa carrière impériale dans l’île ; les usurpateurs de la fin du IVe et du début du Ve siècle n’ont pas manqué de se réclamer de son héritage.

L’histoire et la mémoire de ces figures d’empereurs et d’usurpateurs romains feront l’objet d’une journée d’étude (ou, si les réponses au présent appel à communications sont nombreuses, d’un petit colloque) qui aura lieu à Boulogne-sur-Mer le vendredi 9 février 2018 (et éventuellement le lendemain samedi 10 février).

Les propositions de communication (titre et résumé d’une page maximum, en français ou en anglais, accompagnés d’un CV succinct), sont à envoyer avant le 15 juin 2017 à Alban Gautier.

Télécharger l’appel à communications en français et en anglais.

Séminaire « Barbares et barbarie »

Thème de l’année 2017 : « Barbares aux frontières »

Trois journées d’étude programmées, jeudi 16 mars, jeudi 23 mars et mercredi 29 mars.

Voir le programme du séminaire sur le site du département d’histoire.

Colloque « Communautés maritimes du premier Moyen Âge »

Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée, vendredi 10 et samedi 11 mars 2016

Dans le cadre du programme européen « Communautés du haut Moyen Âge », un colloque sur le thème des « Communautés maritimes du premier Moyen Âge » se tiendra à l’Université du Littoral Côte d’Opale. Il est organisé par Alban Gautier (ULCO) et Lucie Malbos (Université d’Évry).

Télécharger l’argumentaire (en français et en anglais) et le programme du colloque.

Contact : Alban Gautier.

Table ronde : « Les formes légales d’exploitation des Amérindiens à l’époque coloniale »

Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée, mercredi 8 février 2017, 14h-18h.

Télécharger l’affiche.

Coordination scientifique et contact : Éric Roulet.

Séminaire doctoral « Représentations modernes et contemporaines des Nords médiévaux »

Année 3 : « Pratiques et politiques des des Nords médiévaux »

Villeneuve-d’Ascq, Université Lille 3, IRHiS, vendredi 20 janvier
Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée, vendredi 17 mars
Bruxelles, Université libre de Bruxelles, vendredi 12 mai

Trois journées de séminaire doctoral, pour explorer les formes diverses qu’a pu prendre la référence à l’Europe du Nord médiévale dans les cultures des époques moderne et contemporaine. Le séminaire est organisé par l’École doctorale SHS Lille Nord de France, il appartient au réseau RIM-Nor.

Renseignements : Alban Gautier.

Télécharger l’argumentaire du séminaire en français et en anglais, et le programme de l’année 2017.

Les résumés des communications seront déposées au fur et à mesure sur le site du réseau RIM-Nor.

Journée d’étude «De la Mer du Sud à l’Océan Pacifique»

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De la Mer du Sud à l’Océan Pacifique. Exploration et savoirs nautiques, XVIe-XVIIIe siècle

Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée, lundi 12 décembre 2016, 10h-17h

Coordination scientifique : Éric Roulet.

  • 10 h : Éric Roulet (ULCO) : Cortés et la Mer du Sud
  • 11 h : Romain Bertrand (IEP Paris) : La dernière Conquête ? Les Espagnols aux Philippines (c. 1565-1600)
  • Pause 12h-14h
  • 14 h : Camille Blachère (ULCO) : Savoirs astronomiques et exploration à visée coloniale
  • 15 h : Anne-Gaëlle Weber (Université d’Artois) : Les voyages du capitaine Cook ou l’apogée du voyage scientifique
  • 16h : Géraldine Baron (ULCO) : À la recherche de Lapérouse. Les expéditions de Dumont d’Urville et Pâris.

Télécharger l’affiche de la journée.

Langues vernaculaires dans le long IXe siècle : appel à communications

Ludwiglied Le long IXe siècle représente un moment important de l’histoire des langues vernaculaires dans l’ensemble de l’Europe, c’est-à-dire dans la chrétienté orientale aussi bien qu’occidentale. En effet, certaines de langues apparaissent pour la première fois à l’écrit, et d’autres subissent alors d’importantes transformations. Les exemples sont nombreux et comprennent :

  • les langues slaves, avec la mission de Méthode en Grande Moravie, la création de deux alphabets, puis la carrière de Clément d’Ohrid en Bulgarie ;
  • le roman (ou ancien français), avec les « Serments de Strasbourg » rapportés par Nithard ;
  • le vieil anglais, avec les traductions attribuées au roi Alfred le Grand, ainsi que divers poèmes religieux comme ceux de Cynewulf ;
  • le vieux saxon, avec la paraphrase biblique connue sous le titre Heliand ;
  • le vieux géorgien classique, qui est la première langue littéraire aboutie à apparaître en Géorgie ;
  • le vieil irlandais et le moyen irlandais, le changement se produisant pendant cette période, alors que les inscriptions en ogam commencent à apparaître sur d’autres supports que la pierre ;
  • le vieux norrois, les inscriptions runiques devenant plus nombreuses à partir du début de l’époque viking.

Ces coïncidences sont d’autant plus frappantes quand on constate qu’elles ne se limitent pas à la chrétienté : c’est aussi au IXe siècle, à la « Maison de la Sagesse » de Bagdad, qu’un grand nombre d’œuvre grecques de l’Antiquité ont commencé d’être traduites en arabe.

En 2018, deux rencontres permettront d’aborder ce thème, et nous vous invitons à soumettre des projets de communication. Nous sommes particulièrement intéressés par les questions suivantes :

  1. Dans quelle mesure ces phénomènes étaient-ils liés ? La préface en prose à la traduction du Pastoral de Grégoire le Grand attribuée à Alfred explique que les Écritures furent d’abord écrites en hébreu, puis traduites en grec et en latin, et que « tous les autres peuples chrétiens en ont traduit une partie dans leur propre langue ». L’auteur a-t-il eu vent de productions arméniennes ou slaves antérieures ? On sait aussi que certaines langues vernaculaires se sont rencontrées : l’un des premiers textes littéraires en ancien français, la Séquence de sainte Eulalie, apparaît dans le même manuscrit, sur la même page (Valenciennes, Bibliothèque municipale, 150, f. 141v) et dans la même main, que le Ludwigslied, un poème héroïque en vieux haut allemand. Combien d’autres exemples de telles rencontres ?
  2. Pourquoi tout cela s’est-il produit dans le long IXe siècle ? Pourquoi les auteurs de cette période ont-ils fait preuve d’une telle assurance ? On cherchera à élucider les contextes historiques qui expliquent pourquoi ces changements se sont produits précisément à cette époque.
  3. Ce phénomène a-t-il principalement touché la production littéraire et les supports de statut élevé ? Nous souhaiterions que certaines communications explorent d’autres usages des langues vernaculaires que dans la poésie, la paraphrase biblique ou l’épigraphie monumentale et se penchent sur des usages plus éphémères, oraux ou privés, par exemple dans la prédication ou les inscriptions sur des objets personnels.

Les deux rencontres se tiendront à University of Kent (Cantorbéry, Royaume-Uni), le 30 juin 2018, et à l’Université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer, France), le 12 octobre 2018.

Les propositions devront parvenir à Alban Gautier et Helen Gittos avant le 31 mai 2017, avec un titre et un bref résumé en anglais. Lors des sessions, les communications pourront être prononcées en anglais, français, allemand et italien, mais nous demanderons à tous les orateurs de fournir à l’avance un résumé développé en anglais.

(The same blurb is available here in English).

Allocation doctorale : appel à candidature

Une allocation doctorale consacrée aux Carroll, figures emblématiques de la naissance des Etats-Unis, est proposée ce mois-ci à candidature dans le cadre d’un partenariat avec la Communauté d’agglomération de Cde Saint-Omer (CASO) et du Pôle métropolitain de la Côte d’Opale (PMCO)

Les candidat-e-s intéressé-e-s peuvent s’adresser à Eric Roulet, professeur d’histoire moderne à l’Université du Littoral-Côte d’Opale (eric.roulet[à]univ-littoral.fr) avant le 17 mai 2016.

Télécharger l’exposé du projet de thèse.

Parution du livre «Écritures indigènes de la conquête du Mexique»

978-3-8440-3462-2_Cover_B Éric Roulet (éd.), Écritures indigènes de la conquête du Mexique à l’époque coloniale (XVIe siècle), Aix-la-Chapelle, Shaker Verlag, 2016.

La conquête est un choc pour les populations indigènes du Mexique, Les Aztèques sont vaincus, Les Espagnols imposent leur loi. Et les Indiens racontent alors le temps jadis et l’effroyable épreuve qu’ils viennent d’affronter. Ils composent des chants. Ils peignent des livres, les codex. Ils écrivent des histoires, leur histoire. Mais dans quelle mesure ces récits de la Conquête écrits à l’epoque coloniale offrent-ils une vision indigène du passé ?

On peut trouver des renseignements complémentaires sur cet ouvrage (dont la table des matières) sur le site de l’éditeur.

Séminaire doctoral « Barbares et barbarie »

Gaulois Le séminaire de laboratoire de l’UR H.L.L.I. (EA 4030) prend la forme de quatre journées d’étude de 6 h chacune. Les séminaires auront lieu à Boulogne-sur-Mer, au 2e étage du Pôle de Recherche SHS, 25, rue Saint-Louis.

Présentation du thème du séminaire

Chez Homère et Eschyle, les étrangers qui ne parlaient pas le grec étaient qualifiés de barbares, car ils le parlaient mal ou ne le parlaient pas et faisaient entendre des bredouillements incompréhensibles. L’expression n’est pas méprisante, mais la perception du barbare évolue très vite au contact des guerres médiques qui amènent les Grecs à construire leur identité culturelle et leurs valeurs en face de leurs irréductibles ennemis. Dès lors, le barbare devient un étranger à leur civilisation, un anti-modèle. Un Autre inassimilable. Désormais s’installe une vision négative des barbares qui seront vus à travers la norme éthique et culturelle des Grecs, une vision dont hériteront les Romains, même si ceux-ci ont parfois délibérément choisi de les intégrer à leur Empire par pragmatisme politique. Cette représentation dichotomique opposant civilisés et non civilisés s’est durcie lorsque les Goths, les Vandales, les Huns, parmi d’autres barbares, envahissent les anciennes provinces romaines. Dès l’Antiquité tardive et plus encore au Moyen Âge, l’image du barbare se complexifie en revêtant à l’occasion une dimension religieuse qui était tout à fait étrangère aux conceptions antiques : en effet, le barbare se superpose de plus en plus au païen, voire à l’hérétique, sans pour autant se confondre avec eux. La découverte de mondes nouveaux conduit bien souvent à une appréciation dévalorisante des peuples rencontrés. Leurs mœurs étonnent et parfois même révulsent. Les sacrifices humains et l’anthropophagie des Amérindiens amènent les Européens du XVIe siècle, quoique fascinés par certains aspects de leur culture, à parler de barbarie et à tenter de les « civiliser ». Mais cette incompréhension n’est pas le seul fait des Européens. Les Aztèques des hauts plateaux mexicains considéraient eux même comme barbares les peuples semi-nomades du nord du pays qui vivaient de chasse et de cueillette.

Pour l’historien, cette vision de l’Autre permet certes de cerner les principes fondamentaux sur lesquels se construisent les civilisations et en particulier la civilisation européenne, mais nuit à la connaissance intrinsèque des barbares qui ont rarement parlé d’eux-mêmes et dont les usages ont été souvent caricaturés, incompris ou tout simplement passés sous silence. En Orient comme en Occident, des civilisations ont nourri aussi des barbaries endogènes qui ont franchi les frontières de l’humain, en programmant les premiers génocides de l’histoire, un phénomène sur lequel les philosophes, les littéraires et les historiens n’ont pas fini de s’interroger. En ce début du XXIe siècle, avec les attentats du 11 septembre et l’intensification du terrorisme, la barbarie tend à la négation de l’Autre et de sa civilisation et peut-être même de toute civilisation et elle n’en est que plus difficile à appréhender.

La représentation des barbares et de la barbarie a beaucoup évolué de l’Antiquité à l’époque Contemporaine. Les barbares eux-mêmes furent tantôt victimes, tantôt bourreaux. Avons-nous raison d’utiliser ce mot partout et en toutes occasions, de globaliser un terme qui recouvre des réalités très différentes ? Il devient nécessaire de contextualiser la connaissance du monde barbare, d’envisager même de dissocier parfois les concepts de « barbares » et de « barbarie », comme le fait Roger-Pol Droit (Généalogie des Barbares, 2007). En gardant à l’esprit que l’histoire des barbares est toujours, ou presque toujours, tributaire de l’histoire de la représentation du monde barbare.

Programme

3 mars 2016 : Étranger et étrange. Images de barbares dans l’ Antiquité 

9h30-12h30

  • J.-L. Podvin : « La vision des étrangers en Égypte pharaonique »
  • D. Gondicas : « Qu’est-ce qu’un barbare dans la Grèce antique ? »

14h-17h :

  • J. Napoli : « Nudité, tatouage, cheveux longs : portraits de barbares à l’époque romaine »
  • J. Bel : « Le limes germano-rétique : perceptions d’une frontière de l’époque romaine à nos jours »

17 mars 2016 : Images de barbares au Moyen Âge : une autre vision de l’Autre ?

9h30-12h30 :

  • A. Lestremau : « Filii paganorum non imitantes paternos ritus. L’évolution de la notion de barbarie pendant la période anglo-saxonne »
  • A. Gautier : « Saints et barbares ? Modèles paradoxaux de sainteté dans un monde post-romain (VIe-XIIe siècle) »

14h-17h :

  • S. Joye : Université de Reims/Institut Universitaire de France, « La femme barbare, idéaux et fantasmes »
  • J. Devaux : « Hommes et terres des confins dans la littérature française du Moyen Âge tardif »

31 mars 2016 : Des barbares à la barbarie. Époques moderne et contemporaine

Nota : la journée d’étude qui devait avoir lieu le 31 mars est annulée et reportée au mois de juin, à une date encore indéterminée.

9h30-12h30 :

  • E. Roulet : « Sacrifices humains et anthropophagie des indiens du Mexique ou les limites de la civilisation »
  • C. Borde : « La guerre sous-marine : « Barbarie des Huns occidentaux » face au droit international (1915-1919) »

14h-17h :

  • S. Martin : « S’allier avec les barbares: la France et les Indiens de Nouvelle-France au XVIIIe siècle »
  • L. Ma : « Frontière et défense : la construction de la Grande muraille et la défense contre les mœurs et invasions des barbares »

30 mars 2016 : Barbares au cinéma et dans la littérature contemporaine

9h30-12h30 :

  • M. Rolland : « L’image des Indiens d’Amérique dans le western hollywoodien »
  • C. Vetters : « La représentation hollywoodienne des extra-terrestres, nouveaux barbares du XXe siècle »

14h-17h :

  • M. Arouimi : « Alchimie du barbare »
  • B. Santini : « Évoquer la barbarie pour mieux en réchapper. Le cas de la poésie chilienne des XIXe-XXIe siècles »