« Langues vernaculaires dans le long IXe siècle » : appel à communications (date prolongée)

Ludwiglied Le long IXe siècle représente un moment important de l’histoire des langues vernaculaires dans l’ensemble de l’Europe, c’est-à-dire dans la chrétienté orientale aussi bien qu’occidentale. En effet, certaines de langues apparaissent pour la première fois à l’écrit, et d’autres subissent alors d’importantes transformations. Les exemples sont nombreux et comprennent :

  • les langues slaves, avec la mission de Méthode en Grande Moravie, la création de deux alphabets, puis la carrière de Clément d’Ohrid en Bulgarie ;
  • le roman (ou ancien français), avec les « Serments de Strasbourg » rapportés par Nithard ;
  • le vieil anglais, avec les traductions attribuées au roi Alfred le Grand, ainsi que divers poèmes religieux comme ceux de Cynewulf ;
  • le vieux saxon, avec la paraphrase biblique connue sous le titre Heliand ;
  • le vieux géorgien classique, qui est la première langue littéraire aboutie à apparaître en Géorgie ;
  • le vieil irlandais et le moyen irlandais, le changement se produisant pendant cette période, alors que les inscriptions en ogam commencent à apparaître sur d’autres supports que la pierre ;
  • le vieux norrois, les inscriptions runiques devenant plus nombreuses à partir du début de l’époque viking.

Ces coïncidences sont d’autant plus frappantes quand on constate qu’elles ne se limitent pas à la chrétienté : c’est aussi au IXe siècle, à la « Maison de la Sagesse » de Bagdad, qu’un grand nombre d’œuvre grecques de l’Antiquité ont commencé d’être traduites en arabe.

En 2018, deux rencontres permettront d’aborder ce thème, et nous vous invitons à soumettre des projets de communication. Nous sommes particulièrement intéressés par les questions suivantes :

  1. Dans quelle mesure ces phénomènes étaient-ils liés ? La préface en prose à la traduction du Pastoral de Grégoire le Grand attribuée à Alfred explique que les Écritures furent d’abord écrites en hébreu, puis traduites en grec et en latin, et que « tous les autres peuples chrétiens en ont traduit une partie dans leur propre langue ». L’auteur a-t-il eu vent de productions arméniennes ou slaves antérieures ? On sait aussi que certaines langues vernaculaires se sont rencontrées : l’un des premiers textes littéraires en ancien français, la Séquence de sainte Eulalie, apparaît dans le même manuscrit, sur la même page (Valenciennes, Bibliothèque municipale, 150, f. 141v) et dans la même main, que le Ludwigslied, un poème héroïque en vieux haut allemand. Combien d’autres exemples de telles rencontres ?
  2. Pourquoi tout cela s’est-il produit dans le long IXe siècle ? Pourquoi les auteurs de cette période ont-ils fait preuve d’une telle assurance ? On cherchera à élucider les contextes historiques qui expliquent pourquoi ces changements se sont produits précisément à cette époque.
  3. Ce phénomène a-t-il principalement touché la production littéraire et les supports de statut élevé ? Nous souhaiterions que certaines communications explorent d’autres usages des langues vernaculaires que dans la poésie, la paraphrase biblique ou l’épigraphie monumentale et se penchent sur des usages plus éphémères, oraux ou privés, par exemple dans la prédication ou les inscriptions sur des objets personnels.

Les deux rencontres se tiendront à University of Kent (Cantorbéry, Royaume-Uni), le 30 juin 2018, et à l’Université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer, France), le 12 octobre 2018.

Les propositions devront parvenir à Alban Gautier et Helen Gittos avant le 8 juillet 2017 (date prolongée), avec un titre et un bref résumé en anglais. Lors des sessions, les communications pourront être prononcées en anglais, français, allemand et italien, mais nous demanderons à tous les orateurs de fournir à l’avance un résumé développé en anglais.

(The same blurb is available here in English).

Colloque « Mémoires de Trajan, mémoires d’Hadrien »

Trajan HadrienL’année 2017 marquera le dix-neuvième centenaire de la mort de l’empereur Trajan et de l’accession au principat de son parent Hadrien. À l’occasion de cet anniversaire, nous souhaiterions étudier lors d’un colloque les mémoires contrastées et complexes de ces deux empereurs romains. Ces deux mémoires, bien souvent pensées ensemble, ont sans doute été actives dès les premiers moments du règne d’Hadrien, et elles se poursuivent jusqu’aux productions les plus récentes, qu’il s’agisse de discours savants (historiographie), d’œuvres d’art (littérature en particulier) ou de médiation culturelle (muséographie, expositions). Nous souhaiterions par conséquent étudier la mémoire de ces deux empereurs au cours de l’ensemble des périodes qui s’étendent entre 117 et 2017. 

Cette manifestation se déroulera les jeudi 28 et vendredi 29 septembre 2017 à l’université de Lille SHS-Lille 3. Elle s’inscrira dans la continuité de plusieurs événements et programmes scientifiques qui ont récemment marqué la région : le séminaire « Réception de l’Antiquité » de l’École doctorale SHS Lille Nord de France (depuis 2010), l’exposition « Hadrien, empereur » à la villa Marguerite Yourcenar (2011), l’exposition « Rome en pays nervien » à Ath et Bavay (2015), ou encore la journée d’étude « L’empereur Auguste et la mémoire des siècles » organisée à l’université d’Artois (mars 2015). Il s’inscrit dans les thèmes de recherche des principales équipes partenaires : le laboratoire « Histoire, archéologie et littérature des mondes anciens » (HALMA, UMR 8164, CNRS-Université de Lille SHS-Lille 3), l’unité de recherche « Histoire, langues, littérature et interculturel » (HLLI, EA 4030, Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer), et l’équipe « Littératures et représentations de l’Antiquité et du Moyen Âge » (CELIS, EA 1002, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand).

Le colloque sera donc résolument pluridisciplinaire : il réunira entre autres des littéraires, des historiens, des historiens de l’art et des archéologues. Les communications pourront s’attacher à la mémoire d’un des empereurs en particulier, mais nous retiendrons en priorité celles qui proposeront une approche croisée de leurs mémoires.

Une exposition accompagnera le colloque :

  • à la Bibliothèque universitaire de Lille SHS (Lille 3, Villeneuve-d’Ascq) en septembre 2017
  • à la Bibliothèque universitaire de l’ULCO (Boulogne-sur-Mer) en octobre-novembre 2017

Organisateurs :

  • Stéphane Benoist (histoire romaine, Université de Lille-SHS Lille 3)
  • Alban Gautier (histoire médiévale, Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer)
  • Christine Hoët-Van Cauwenberghe (histoire romaine, Université de Lille-SHS Lille 3)
  • Rémy Poignault (littérature, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand)

Télécharger l’argumentaire détaillé, en français ou en anglais.

 

« La formation d’un carrefour culturel : Boulogne-sur-Mer (XIXe-début XXe) » : appel à communications

« La formation d’un carrefour culturel : Boulogne-sur-Mer (XIXe-début XXe) »

Les journées d’études seront essentiellement centrées sur la période allant du début du XIXe siècle à l’entre-deux-guerres. Elles porteront sur :

  1. Boulogne, ses expatriés et le reste du monde
  2. Boulogne-sur-Mer, réceptacle d’influences étrangères.

Elles auront lieu à l’automne 2018 et au printemps 2019 au Centre universitaire du Musée (ULCO, Boulogne-sur-Mer).

Télécharger l’appel à communications.

Contacts: Jean-Philippe Priotti et Jean-Louis Podvin.

Deuxième rencontre internationale sur l’entreprise maritime et coloniale au XVIIe siècle

Le monde des compagnies (2) : Actionnariat et stratégies d’investissement des grandes compagnies de commerce du premier XVIIe siècle

Coordination scientifique : Eric ROULET

Mardi 3 octobre 2017, Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée

Les grandes compagnies de commerce dites compagnies à charte ou à privilèges du XVIIe siècle ne bénéficient pas dans l’historiographie d’une bonne image. Elles sont jugées peu efficaces voire inutiles et inadaptées. Les travaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle les ont depuis longtemps condamnées. Il est nécessaire d’aborder autrement la question de leur place dans la première globalisation en les replaçant au cœur du dispositif d’expansion européen, et en privilégiant une démarche résolument comparatiste en prenant en compte les entreprises françaises, anglaises et hollandaises.

Pour ne regarder que celles qui s’intéressent à l’espace atlantique, le plus fortement concurrentiel, force est de remarquer qu’elles ont joué un rôle essentiel dans la colonisation de l’Amérique au XVIIe siècle, avec l’approbation de leurs gouvernements respectifs, et dans le développement du trafic transocéanique. Mais quoique soutenus par les états, dont elles ont obtenu des privilèges, elles n’en ont pas moins une existence propre, ce sont des entreprises privées supportées par des actionnaires qui en attendent des bénéfices. Leurs intérêts sont-ils d’ailleurs toujours les mêmes que ceux de l’État ?

Après une première rencontre consacrée à l’organisation structurelle de ces compagnies, la rencontre de 2017 propose de s’intéresser au financement de ces compagnies et en particulier aux actionnaires qui sont une nouveauté à cette époque, afin d’en cerner la pertinence et les raisons. Une troisième rencontre en 2018 ou 2019 traitera de leurs rapports avec l’État.

« Une province fertile en tyrans » : appel à communications

« Une province fertile en tyrans ». Figures d’empereurs et d’usurpateurs romains dans l’île de Bretagne depuis le IIe siècle

Depuis la fin du IIe siècle de l’ère chrétienne, plusieurs usurpations (plus ou moins durables et plus ou moins réussies) avaient eu leur origine au sein des légions cantonnées dans l’île : on relève ainsi les noms de Clodius Albinus (193-197), Carausius (286-293) et son meurtrier et successeur Allectus (293-296), Magnus Maximus (383-388), et enfin en rapide succession, Marcus (406-407), Gratien (407) et Constantin III (407-411). Dans un registre tout à fait différent – mais avec une réception étonnamment semblable dans les siècles ultérieurs – on notera que Constantin le Grand (306-337), le fils de Constance Chlore proclamé empereur à York en 306, a lui aussi commencé sa carrière impériale dans l’île ; les usurpateurs de la fin du IVe et du début du Ve siècle n’ont pas manqué de se réclamer de son héritage.

L’histoire et la mémoire de ces figures d’empereurs et d’usurpateurs romains feront l’objet d’une journée d’étude (ou, si les réponses au présent appel à communications sont nombreuses, d’un petit colloque) qui aura lieu à Boulogne-sur-Mer le vendredi 9 février 2018 (et éventuellement le lendemain samedi 10 février).

Les propositions de communication (titre et résumé d’une page maximum, en français ou en anglais, accompagnés d’un CV succinct), sont à envoyer avant le 15 juin 2017 à Alban Gautier.

Télécharger l’appel à communications en français et en anglais.

Parution du livre «Écritures indigènes de la conquête du Mexique»

978-3-8440-3462-2_Cover_B Éric Roulet (éd.), Écritures indigènes de la conquête du Mexique à l’époque coloniale (XVIe siècle), Aix-la-Chapelle, Shaker Verlag, 2016.

La conquête est un choc pour les populations indigènes du Mexique, Les Aztèques sont vaincus, Les Espagnols imposent leur loi. Et les Indiens racontent alors le temps jadis et l’effroyable épreuve qu’ils viennent d’affronter. Ils composent des chants. Ils peignent des livres, les codex. Ils écrivent des histoires, leur histoire. Mais dans quelle mesure ces récits de la Conquête écrits à l’epoque coloniale offrent-ils une vision indigène du passé ?

On peut trouver des renseignements complémentaires sur cet ouvrage (dont la table des matières) sur le site de l’éditeur.

Parution du livre « L’Hermione »

HER_1 Patrick Villiers et J.-C. Lemineur, L’Hermione, La Fayette et Latouche-Tréville : deux hommes et une frégate au service de l’Indépendance américaine, Nice, Ancre, 2015.

La Fayette et La Touche-Tréville, deux hommes et une frégate au service de l’Indépendance américaine. Étude et documents historiques, de 1764 à 1793.

Télécharger la documentation sur le site de l’éditeur.

Parution du volume « Langues d’Angleterre »

Hexateuque BabelLangues d’Angleterre : au-delà du bilinguisme, volume coordonné par Alban Gautier et Jean-Pascal Pouzet.

Le volume n° 68 de la revue Médiévales (printemps 2015) est paru. Il reprend une partie des communications de l’atelier organisé à l’automne 2013 à l’université de Poitiers (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale) avec le soutien du HLLI. On peut consulter le sommaire et les résumés des articles, mais aussi télécharger gratuitement l’introduction, sur le site des Presses universitaires de Vincennes.

Parution du livre « Les Journaux de bord, XIVe-XXIe siècle »

Journaux de bord

Christian Borde et Éric Roulet (dir.), Les Journaux de bord, XIVe-XXIe siècle, Aix-la-Chapelle, Shaker Verlag, 2015.

La collection « Les sources de l’histoire maritime » se consacre à l’étude et à l’analyse d’un type de source spécifique à l’entreprise maritime. Elle présente les fonds documentaires, l’originalité des sources et leur apport pour les historiens. Elle propose des textes et documents inédits tirés des archives. La collection s’adresse aux étudiants d’histoire, de SHS et de droit, et aux jeunes chercheurs.

Le journal de bord est un document historique de première main, au sens littéral du terme. Le but de cet ouvrage est d’en montrer la nature et la diversité en publiant des textes issus des archives et des ouvrages imprimés. Il présente un premier choix de textes significatifs réalisé par des enseignants-chercheurs, des conservateurs de musée et de jeunes chercheurs.

 

Sommaire :

  • Christiane Villain-Gandossi, « Note sur les registres de bord au Moyen Âge »
  • Éric Roulet, « Les malentendus d’un texte célébrissime : le journal de bord du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique »
  • Éric Roulet et Patrick Villiers, « La législation française des journaux de bord au XVIIe et au XVIIIe siècle d’après les ordonnances de marine »
  • Annie Madet-Vache, « Le “Journal général historique politique et nautique de la campagne de Mr le comte d’Estaing”, conservé au Musée national de la Marine » 
  • Patrick Villiers, « Les journaux de bord des vaisseaux du Roi. L’exemple des frégates Sensible et Friponne pendant la guerre d’Amérique »
  • Joël Gatrat, « La dernière croisière du corsaire la Fantaisie de Dunkerque (1799) »
  • Florence Le Corre, « Journaux et récits de bord : la collection du Musée national de la Marine »
  • Christian Borde, « Un capitaine caboteur face à l’écriture à bord du lougre Pitre Armel de Nantes, 1861-1863 »
  • Justin Le Carpentier, « Les limites d’une source et l’apport des dossiers de marées. Le chalutier cherbourgeois l’Annie en 1951 »
  • Henri Moulinier, « Témoignage sur le dernier chalutier rochelais de type pêche-arrière, le Peoria (1985-1993) »
  • Isabelle Knab-Delumeau, « Les journaux de bord contemporains dans la marine nationale »
  • Éric Roulet et Christian Borde, « De l’art de tenir un journal de bord »

Parution du livre « Rochefort, arsenal des colonies au XVIIIe siècle »

Rochefort

Sébastien Martin, Rochefort, arsenal des colonies au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes au XVIIIe siècle, 2015. 

Arsenal modèle de Louis XIV, Rochefort fut au XVIIIe siècle une base navale qui reçut la mission originale d’assurer pour la France le ravitaillement de ses possessions coloniales dans le monde atlantique (Nouvelle-France, Caraïbe, Guyane et comptoirs africains). Avec la fin du monopole de la Compagnie des Indes, l’aire de cette logistique d’État s’étendit même un temps aux Mascareignes. Véritable « porte des colonies », Rochefort fut le lieu de concrétisation de la politique coloniale de la France au siècle des Lumières. Pour se faire, la Marine mobilisa navires, infrastructures portuaires et réseaux d’approvisionnement, selon un processus d’une modernité confondante.

Avec cet éclairage sur son « Service des colonies », Rochefort est désormais l’un des arsenaux français les mieux connus. Dans le domaine de l’économie, l’étude donne un aperçu supplémentaire des retombées économiques – directes ou indirectes – que les activités des villes-arsenaux produisirent dans la France préindustrielle. «Ville nouvelle» depuis la création de l’arsenal, Rochefort fut aussi une ville ouverte, plus habituée que les autres arsenaux aux ambiances exotiques grâce à ses relations privilégiées avec les colonies. La réalité des intérieurs rochefortais et l’existence de « familles atlantique » témoignent ainsi de la porosité qui exista entre l’arsenal et son environnement urbain.

À partir d’un corpus documentaire peu ou pas exploité, cet ouvrage livre au lecteur une nouvelle facette de la ville-arsenal, autant qu’il éclaire l’aspect formateur des activités d’une marine de guerre dans l’administration moderne de l’État.  

On peut consulter le sommaire sur le site de l’éditeur.